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La Résidence du Bon Repos - Ludivine Briquet

La Résidence Du Bon Repos

Préambule :

Chaque fait divers est source d'inspiration. Ce dernier, plutôt récent, a attiré mon imaginaire. Ce qui m'a permis de broder une intrigue... un petit conte de fait divers.

Je me suis aussi basée sur le dicton anglais « Not in my backyard » ( que l'on peut traduire textuellement par : pas dans mon jardin), il est de circonstance dans cette nouvelle...

Enjoy !

Toute ressemblance avec des personnes, des noms propres, des lieux privés, des noms d’entreprises, des situations existantes ou ayant existé, ne saurait être que le fait du hasard.


CHAPITRE 1 : La Résidence du Bon Repos

Il était une fois, dans un quartier résidentiel d'un petit bourg breton, un événement qui allait bouleverser la vie de ses habitants. La paisible Résidence du Bon Repos fut secouée par de terribles secrets et autres non-dits qui changèrent à jamais la quiétude de ses occupants.

Une dizaine de maisons construites dans les années 1990 abritaient des familles ou couples ou célibataires de divers horizons. Les maisons étaient disposées à distance raisonnable les unes des autres et orientées sans réel vis-à-vis, ce qui était fort appréciable de nos jours où le mètre carré devenait une denrée rare. Une allée centrale séparait les deux rives paires et impaires de la résidence et chaque maison disposait d'un espace honorable devant pour se stationner.

Du numéro un au numéro dix, les maisons de plain-pied ou à étages se succédaient dans un même alignement jusqu'au fond, un peu plus évasé où les maisons avaient été légèrement décalées pour laisser la place à un retournement en guise de cul-de-sac. Ce dit 'retournement' fut le sujet de conversation principal qui anima la dernière Fête des Voisins.

Chaque année, la plupart des voisins pouvait se réunir sous cet ingénieux prétexte qui permettait de partager des apéritifs dînatoires, où les langues se déliaient. Tantôt pour les bonnes causes et échanges de bons procédés, tantôt pour s'unir en une action contre un nouveau voisin à mettre au pas. Tout le monde ne participait pas, certains ne se mêlaient pas de peur de règlements de compte ou d'autres préféraient la tranquillité d'une soirée chez eux ou autres amis.

Cette année, l'assemblée était assez grande. Certains ne pouvaient pas venir chaque année ou ayant d'autres impératifs. Mais cette fois-ci, la Fête battait son plein et les conversations allaient bon train autour du barbecue et sous le barnum. Les enfants virevoltaient partout dans la résidence comme des rois, le quartier étant bouclé. Même le temps breton était de la partie, l'éclaircie s'était installée une heure avant le démarrage de la soirée. Tout était parfait. Et tout le monde d'accord sur un même sujet de conversation : la construction d'une résidence supplémentaire au fond, après le 'retournement' qui officierait comme entrée pour desservir cette extension. Les habitants de la première résidence se lamentaient à ce sujet. Ils allaient perdre en calme... Des travaux pendant des mois... De gros engins de BTP allaient défiler... Il y aurait danger pour les enfants... Il faudrait certainement refaire le bitume après... Qui paierait ??... Et les nouveaux arrivants, il faudra les encadrer, leur présenter les 'règles' à respecter...etc

Ils n'avaient pas eu le choix, ni leur mot à dire, le terrain du fond était un champ sur lequel la mairie avait exercé son droit de préemption. Il fallait construire des logements. Le bourg étant très plébiscité, car bien desservi et proche d'une grande ville.

Et un matin de printemps morose, les habitants virent arriver des tracteurs et gros tractopelles à travers des nappes de brouillards.

La Résidence du Bon Repos venait de perdre son statut bien nommé. La guerre aux incivilités était déclarée...


CHAPITRE 2 : Les Gaggini (numéro 10)

Le débarquement des engins perturbèrent immédiatement la vie des habitants du quartier. Les employés du chantier ressentirent l'hostilité envers eux et les promoteurs et chefs de chantiers n'entendaient que doléances de la part des gens du quartier. Trop de bruits..les tracteurs et engins roulaient trop vite dans la résidence..ils travaillaient jusque tard..le samedi..la route de passage était laissée sale..etc.

C'est ainsi qu'un soir, une réunion de chantier improvisée se fit dans le plus grand silence et la plus grande discrétion pour ne pas attirer plus l'attention. Une sombre décision devait être prise.

M. Gaggini ne tint pas compte de cet attroupement en rentrant de son travail ce soir-là, regardant d'un mauvais œil ce rassemblement. Ils avaient dû casser une canalisation ou briser la fibre optique avec un peu de chance, dégourdis comme ils sont ! Les travaux l’ennuyaient encore plus que les autres habitants de la résidence car il avait eu le bonheur d'être le dernier habitant dans le cul-de-sac mais se trouvait malheureusement aujourd'hui le premier impacté par le chantier. Il vivait sans clôture de ce côté de terrain en friche. Depuis que le chantier avait débuté, des tranchées se creusaient de son côté et sur tout l'arrière de son terrain, et remonteraient jusqu'au numéro deux de la résidence. En attendant, il s'était rendu à l'évidence, il lui faudrait monter une palissade pour se protéger du nouveau voisinage.

Il rentra donc sa voiture dans son garage en pestant contre les marques de boues devant sa maison et les trous béants en mitoyenneté de son terrain. Ah s'il était chez lui, en Corse, cela ne se passerait pas comme cela. Il ne se laisserait pas envahir si facilement ! Mais c'était du passé tout cela...

Seulement, les employés du chantier allaient le ramener à d'anciens plans machiavéliques rapidement. En découvrant une canalisation à l'air libre, ils avaient aussi mis à l'air un encombrant fardeau qui menacerait instantanément le chantier s'il était découvert. Les employés exécutèrent les ordres quand la décision fut prise et promirent silence et reconnaissance au travers d'une prime de fin de chantier...

Ce fut avec une certaine appréhension que M. Gaggini attendit le lendemain le paysagiste pour un devis, pour planifier une clôture et un décor pour cacher tout ce chamboulement de vis-à-vis. M. Gaggini n'était pas jardinier et encore moins manuel. Les devis pour travaux l’horrifiaient toujours. Il négociait toujours au plus près. Il s'attendait à un devis démesuré mais ce serait le prix de la tranquillité et Mme Gaggini ne voulait absolument pas faire appel à un bricoleur quelconque, il y avait un standing à garder dans le quartier et montrer aux futurs habitants combien leur maison était belle et bien entretenue...

M. Gaggini tuait donc son impatience en longeant la tranchée de côté, moitié béante, moitié recouverte. Il repensa à la réunion de la veille au soir et se demanda s'ils avaient dégradé quelque chose au final. Il remonta lentement de son côté et entendit le paysagiste arriver, au moment où une motte de terre pas tout à fait bien égalisée attira son attention. La curiosité piquée, il se demanda ce que cette motte faisait dans son jardin. Il se rappela vaguement que le fond avait été sondé puis recouvert grossièrement au début des travaux. En se rapprochant, il nota des morceaux blancs qui dépassaient légèrement. En creusant du pied, M. Gaggini resta stupéfait. Il venait de mettre à nu un crâne humain et quelques os. Interdit, il entendit sa femme babiller avec le paysagiste. Il se précipita comme un fou au-devant d'eux et hurla au paysagiste qu'il pouvait partir, ils n'avaient plus besoin de lui. Sa femme fut interloquée et insista. M. Gaggini haussa le ton tant et si bien que le pauvre paysagiste prit les jambes à son cou et jura de ne jamais revenir dans le quartier et passerait le message à ses collègues. Mme Gaggini, maintenant muette, regardait son mari et attendait des explications.
- Viens voir, souffla t'il.
Elle le suivit docilement et resta à son tour bouche bée. Ils discutèrent à voix basse, pour ne pas que des voisins entendent. On ne sait jamais. Il avait déjà suffisamment attiré l'attention en s'emportant contre le paysagiste.

Ce n'était pas possible, qu'est-ce que ces os faisaient là ?

La question principale de M. Gaggini était de savoir si quelqu'un avait vu ce cadavre, à part eux. Il pensa à la réunion de la veille mais l'attroupement était plus loin dans le terrain en friche. Pour lui, cela avait été remonté à la surface quand le sol avait été sondé pour savoir si les canalisations passaient bien à cet endroit, pour raccorder la nouvelle résidence. Mais derrière un tractopelle, l'employé n'avait pas vu ce que la terre avait mis à l'air sinon, cela ce serait su rapidement.

Les époux Gaggini s'attelèrent rapidement avec des pelles et des seaux pour évacuer l'encombrante découverte dans le cabanon. Un voisin les interpella, il n'avait jamais vu M. Gaggini avec une pelle à la main :
- Oh ! M. Gaggini, vous avez sorti la grosse artillerie dites donc ! Vous avez trouvé de l'or ou un cadavre ??!
Et le voisin de rigoler euphoriquement. Et M. Gaggini de blêmir en s'accrochant au manche de sa pelle.
- Non, voyons, quelle idée ! Nous avons mis la main sur un nid de taupes ! On en profite ! inventa t'il rapidement.
-O kay, bon courage alors, s'en fut le voisin du numéro un.
- C'est Belon avec son Cocker qui pisse partout. Il furète tout le temps celui-là, maugréa M. Gaggini à sa femme. Bon, on a tout ?
- J'en sais rien, moi, je n'ai pas l'habitude de ramasser des os ! S'offusqua t'elle.
Oh la la, c'était si simple jusqu'à présent... Mais avec son casier judiciaire pour une sombre affaire d'abus de biens sociaux en Corse, M. Gaggini ne pouvait se permettre d'attirer l'attention sur lui. Il devait faire profil bas. Ils étaient venus s'installer en Bretagne contraints et forcés, pour repartir à zéro. Il était hors de question de se faire remarquer avec un cadavre dans le jardin.
- Que comptes-tu faire ? Lui demanda sa femme le soir, après une bonne douche et une rasade de Martini bien tassé.
- Le refiler aux Cubains, en face !
On ne s'encombre pas de scrupules ! Pas avec son passé. Il s'était refait une vie d'homme d'affaires respectable ici. Il était en vogue sur le marché des applications mobiles et comptait bien perdurer. Et puis, il avait une dent contre ses voisins cubains qui faisaient tout le temps la fête et ne respectaient pas son emplacement de parking devant la maison. Et leur gros chien baveux, un chien des Pyrénées, ici, en Bretagne ! Pfff !

A suivre...

La carte de fidélité - cédric Lesueur

la carte de fidélité

- Vous avez une carte de fidélité ?
- Euh, oui… Attendez.
Mal à l’aise, hésitant, je mis un certain temps à farfouiller dans mon portefeuille, puis lui tendit le fameux sésame.
- Non, désolée, ce n’est pas la bonne, fit-elle avec une moue dubitative.
Trop de cartes tuent la carte. Je devais en avoir une dizaine et chacune me donnait droit à des avantages exceptionnels si tant est que je veuille bien soulager régulièrement mon compte bancaire.
- Ah effectivement, constatais-je un peu gêné de mon étourderie.
- Vous n’êtes pas si fidèle en fin de compte, conclut-elle d’un sourire complice avec la cliente suivante, une sémillante sexagénaire dont le caddie plein à ras bord était proche de l’explosion.
Moi aussi d’ailleurs… Rouge pivoine, j’enfournais mes achats dans les cabas aussi vite que je pouvais et râlais intérieurement après ma femme qui m’avait imposé cette séance de torture.
- Au revoir, dis-je poliment en baissant la tête.
- A bientôt, j’espère.
Sauf erreur de ma part, ou bien elle s’était foutue ouvertement de ma gueule ou bien elle m’avait dragué, agréable sensation qui pourtant ne m’était plus arrivée depuis le siècle dernier. Par habitude et par un sens trop aiguisé de la réalité de la vie, je penchais logiquement pour la première hypothèse, la plus désagréable… Mais l’espoir fait vivre et même infime, il avait ravivé la flamme d’une vie par trop blafarde.  La chaire est faible, l’homme d’autant plus…

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sentiments exacerbés - cédric Lesueur

jalousie

En haut de la plus haute et de la plus sombre des tours, deux hommes dans des costumes anthracite se toisent méchamment. Dans leur immense bureau au mobilier gris, aux murs gris, au plafond gris, ces types tirés à quatre épingles, brassent des milliards d’euros et conditionnent l’avenir de dizaines de milliers de personnes. Les directeurs de la MALO-Q  sont encore jeunes mais déjà tellement puissants. Pourtant, ils ne sont pas encore au sommet, pas totalement. Il y a un dernier étage avant de toucher le Graal, d’atteindre le paradis… Ou l’enfer ? Au dessus, vit un prédateur autrement plus redoutable. Monsieur Samer, de son prénom Pierre Yves André demeure le général en chef pour quelques mois encore de cet immense vaisseau qu’est la multinationale MALO-Q, un consortium financier qui rapporte presque 11 pourcents par an à ses bienheureux actionnaires, des fonds d’investissements américains pour l’essentiel. Mais, toutes les bonnes choses ont une fin hélas et le sémillant dirigeant approche fatidiquement de la date de péremption… A 60 ans passés, les statuts de la holding l’obligent à partir les poches pleines, mais lui donnent aussi le droit de choisir qui sera son successeur parmi la paire de « spécaluteurs » précoces qui lui font office de sous-directeurs surpayés et de lèche-culs invétérés.
 
Ce matin-là, comme tous les jours, les candidats au titre de golden boy de l’année rivalisent d’imagination pour plaire à leur seul et unique électeur. Dehors, il pleut, mais ils s’en foutent comme de leur premier million. Derrière leurs multiples écrans aussi plats que leurs encéphalogrammes, ils n’ont même pas remarqué l’absence de Madame Michu, la secrétaire de direction, pourtant fidèle au poste depuis plus de 30 ans. Paul Amploi et Gérard Menvussa se détestent cordialement, mais une seule et même passion les unis ; les nombres et surtout les courbes de rendement qui les accompagnent. Celles de la nouvelle venue va emporter leur adhésion et tout sur son passage.

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Il était un foie… - Cédric Lesueur

Le chien jaune

Au Chien jaune, ce soir-là il y avait Black Mamba, la voix de la soul et des opprimés. Plus que jamais fidèle à son nom de scène, son corps ophidien ondulait au milieu de musiciens transis d’amour et de « free base », une drogue en vogue à Chicago… Mais on était un océan plus loin, dans un autre monde... en Bretagne, à Concarneau plus précisément. Le chouchen et autres boissons magiques coulaient à flot et les habitués, pour la plupart des marins, semblaient tous hypnotisés par ce petit bout de femme se trémoussant avec une énergie incroyable dans sa robe psychédélique.
 
Parmi les spectateurs, Because le barman, qui était le frère de Black Mamba et accessoirement le propriétaire du bar, souriait de toutes ses dents nacrées. C’est lui qui l’avait sortie d’Englewood trois jours plus tôt pour qu’elle échappe aux griffes acérées de  Jo Loco, l’un des caïds les plus craints de ce quartier miteux. Le gangster était désespérément fou de la jolie chanteuse et, lorsqu’il ne la frappait pas ou n’abusait pas de son corps d’ébène, il l’obligeait insidieusement à chanter du Rap, ce qu’elle détestait par-dessus tout. Pour assurer la sécurité de sa cadette mais surtout pour la rassurer, Because avait dû engager des comparses, une paire de clients parmi les plus assidus, des piliers de bars indéboulonnables qu’il faisait plus ou moins passer pour des gardes du corps. Monsieur Bloche, de son prénom Jérôme, passionné de polars et sans emploi dans la vraie vie, avait pris son rôle très au sérieux. Trop peut-être…

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Vice et vertu, vice et versa - cédric Lesueur

Les sept péchés capitaux

1436 dans le nord-est de l’Italie. Bartholomé Casivelurius était un jeune vénitien, fils unique de riches négociants, bien dans sa peau, trop peut-être. Tel un glouton insatiable, il passait l’essentiel de ses journées vautré dans le luxe, à manger, ingérer inlassablement tout ce qui lui tombait sous la main. Pour ne rien arranger, hormis écouter d’une oreille distraite les monologues lénifiants de son précepteur, il ne faisait rien, strictement rien, absolument rien. Si bien qu’à quatorze ans, le Bibendum dépassait allègrement le quintal. Sa mère Luisa le couvait, mais pas Bénédict son père, trop souvent absent hélas, qui n’appréciait pas le comportement oisif de son futur et unique héritier, mais alors pas du tout... De retour d’un lointain voyage, il lui fit comprendre d’une façon assez particulière en lui offrant un porc et une couleuvre choisis évidemment pour leurs caractéristiques bien marquées : Le cochon prénommé Gula (gourmandise) était presque aussi gros qu’un hippopotame, si ce n’est plus... Quant à Acedia (paresse) la couleuvre, elle bougeait si peu que parfois on la croyait morte.
 
Au bout de deux années de captivité seulement, ses singuliers animaux de compagnie mourront dans d’atroces circonstances. Avaler des couleuvres peut parfois s’avérer mortel pour un porcidé obèse…

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Les naufragés de l’invincible IV - cédric Lesueur

Les naufragés de l'invincible

Pas un souffle de vent, une brume épaisse et une chaleur suffocante. La caravelle « L’invincible IV » n’avançait pas d’un pouce. L’équipage, non plus… Les sept pirates qui n’étaient pas des nains malgré leur petite taille restaient désespérément immobiles, attendant sans doute un signe du destin ou d’Éole tout au moins. En haut, le guetteur, un Ivoirien nommé Sorane ne voyait toujours rien venir et pour cause, avec cet épais brouillard on ne pouvait guère voir plus loin que le bout de son nez. La mer était d’huile, mais point de sardines à l’horizon, seulement un grand requin blanc presque aussi gros qu’une baleine qui tournait inlassablement autour du navire. De mémoire du Capitaine Cruchet, on n’avait jamais vu ça… Au fond de lui-même, le vieux boucanier savait pertinemment que cela ne présageait rien de bon… Sa jambe de bois le démangeait furieusement comme si mille moustiques l’avaient piquée.
 
Et il avait raison le bougre… Soudain, un bruit sourd et inattendu déchira l’atmosphère et sortit brutalement les marins de leur torpeur. Des vagues bien plus hautes que le mat se mirent à déferler constamment sur le pauvre navire. Les voiles furent aussitôt déchirées, déchiquetées en misérables lambeaux et Sorane, sans le vouloir, fit un plongeon digne des Jeux olympiques. Mais, ce n’était pas le plus grave, d’hallucinantes déferlantes se fracassèrent contre la coque et voulurent la projeter vers des falaises qu’on devinait, mais qu’on ne voyait pas. Par chance, le ressac empêcha la catastrophe ou tout du moins retarda l’échéance. Les marins découvrirent subitement qu’ils étaient très proches de la côte, mais tout ce qu’ils voulaient maintenant, c’était sauver leurs misérables peaux de mécréants. 

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