Les naufragés de l’invincible IV

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Trois autres d’entre eux tombèrent à la mer et la trouvèrent incroyablement chaude, presque brûlante. Malgré tout, ce n’était pas le moment de batifoler dans l’eau ! Ces marins d’eau douce ne savaient pas vraiment nager et puis il y avait toujours des lames de fond acérées, le requin et quelque chose de beaucoup plus impressionnant qui surgissait du brouillard…
 
Les naufragés découvrirent avec stupéfaction ce qui avait provoqué cette espèce de typhon, mais ils n’en crurent pas leurs yeux… C’était un géant presque aussi haut qu’une montagne et complètement nu de surcroît ! Il s’approcha d’eux, puis s’agenouilla pour soulever le bateau de ses deux mains et le fit tanguer dangereusement. Il semblait très jeune, si jeune que Mad Donalds le cuistot écossais un peu fêlé de « L’invincible IV » se demanda même si ce n’était pas Pantagruel le fils prodigue du légendaire Gargantua qui venait ainsi les tourmenter… Allait-il les manger ? Apparemment non, et puis ils n’étaient sans doute pas comestibles. Selon toutes vraisemblances, le colosse voulait simplement jouer avec eux. Pour preuve, il prit au hasard le quartier-maître Descoll dans une main et le requin dans l’autre et s’amusa à leur faire faire des bisous comme si c’étaient de simples pantins. Le pauvre vieux pirate à seulement deux ans de la retraite était tellement terrorisé que plusieurs fois son cœur faillit lâcher. Cependant, il ne risquait rien, vu que le géant avait involontairement brisé les dents du squale en appuyant trop fort sur son museau coincé entre le pouce et l’index. 
 
Le jeu de massacre dura quelques minutes pendant lesquelles la caravelle, poussée par des vagues improvisées dut réaliser quelques surfs aussi incroyables que dangereux. Chaque fois la proue rebondissait violemment sur les doigts de pieds du monstre qui formaient comme un mur infranchissable. Quant au requin, le Goliath devait sûrement le confondre avec un dauphin ou une massue de jonglage, car lorsqu’il ne jouait plus avec « L’invincible IV », il n’arrêtait pas de jeter le sélacien en l’air, essayant vainement de réaliser des triples sauts périlleux ou quelque chose dans le genre. Parfois, même le soi-disant prédateur restait complètement invisible pendant quelques instants, perdu sous la mousse… Bizarrement, il y en avait partout de la mousse, même sur ce qu’il restait du vaisseau de guerre… Était-ce la salive du monstre à savoir son immonde bave ou bien la terrible agitation de la mer qui avait provoqué ces milliards de bulles ? Les survivants n’en savaient strictement rien, essayant surtout de se cacher sur des objets flottants en attendant que ça passe. 
 
Finalement, au bout d’un certain temps qui parut toutefois une éternité pour les flibustiers, le colosse repartit aussi vite qu’il était venu, comme par enchantement. Son départ provoqua une nouvelle onde de choc, qui heureusement fut beaucoup moins impressionnante que la précédente. Après la tempête, la mer sembla peu à peu retrouver son calme, mais il n’était qu’apparent, car un autre danger allait bientôt menacer nos vaillants corsaires… Ils entendirent un bruit étrange, comme un râle continu qui ne venait cependant pas du géant, mais de la direction opposée à celle qu’il avait prise... Pendant que les flibustiers se demandaient à quelle sauce ils allaient être mangés, le niveau de l’eau commença à baisser dangereusement. Un étrange tourbillon s’était formé à quelques dizaines de mètres du bateau et il aspirait tout ce qui passait à proximité, sans exception, aucune. Si le navire paraissait résister tant bien que mal à cette attraction, il n’en était pas de même pour les membres de l’équipage, ceux qui étaient tombés à l’eau notamment…
 
Carie le moussaillon qui était le plus léger et le moins expérimenté de tous fut inexorablement happé par cette force mystérieuse. Son ami et compagnon d’infortune, Tortenelli essaya bien de le sauver, mais le matelot disparut dans une bouche béante au fond de la mer… Ce n’était pas un abysse ou une fosse sous-marine comme il en avait déjà entendu parler, mais une ouverture parfaitement circulaire, de taille humaine qui défigurait un sol complètement lisse, sans végétaux, ni roches… Le corsaire calabrais allait être englouti lui aussi, mais il se battit comme un beau diable avec l’énergie du désespoir… Et il eut raison. Le tourbillon perdit de sa puissance au fur et à mesure que la mer descendait. Elle descendit tellement que bientôt, il n’y eut plus une goutte d’eau à l’horizon. Tortenelli était vivant, mais il avait perdu un bras alors que les autres croyaient avoir perdu la raison. Le brouillard venait brusquement de se dissiper et laissait place à un spectacle invraisemblable ! Le bateau était échoué et les pirates avec dans une immense cuvette blanche aux parois blanches et polies… C’était surréaliste !
 
 
            Une voix puissante et grave résonna dans l’air :
− Mathieu, je t’ai déjà dit d’enlever tes jouets avant de vider l’eau de la baignoire ! Je viens de trouver un Playmobil à qui il manque un bras dans le siphon… Et puis, je crois bien que le mécanisme de Requinou est cassé…
− C’est pas ma faute Papa !
− Menteur, tu as vidé le flacon de shampooing pour faire de la mousse, mais je suis sûr que tu ne t’es même pas lavé… La prochaine fois, tu prendras une douche !

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